Chapitre II – La disparition

La nuit fut calme, à peine troublée par les ronflements de Maniax. Dès le matin, une petite foule s’activait dans le grand jardin des Hautebite. Tous les supermarchés du coin avaient été mis à contribution pour la fête, et il paraît qu’on commençait à manquer de knackis au Carrefour.

De nombreuses tables, lampions, sièges, guirlandes, avaient été dressés autour du vieux chêne trônant au centre de la pelouse. Dès que le soleil fut tombé, la fête battit son plein. Tous les Hautebite mangèrent et burent à s’en faire péter la panse, ce qui arriva pour quelques-uns d’entre eux. Il y eut aussi les tours de magie de Gants-d’ALF, dont un nombre raisonnables ne foira pas lamentablement, ce qui n’avait de toute manière que peu d’importance étant donné l’état d’ébriété avancé des quelques spectateurs encore attentifs, et de plus beaucoup étaient des fermiers et étaient reconnaissants au magicien de ses nombreux combats. Puis, évidemment, vint le moment du discours. Albert Bilto tapa sa cuillère sur son verre pour demander le silence, ce qui bien sûr n’eut aucun effet. Il l’entrechoqua alors avec le couvercle en fer-blanc de sa gamelle, sans plus de succès. Finalement, ce fut en assommant avec ladite gamelle vidée de son contenu son cousin Hubert qui se trouvait à sa droite, qu’il réussit à se faire entendre.

« Mes Chers Hautebite…. commença-t-il, cherchant à faire entendre, dans le tumulte, sa voix rendue hésitante par l’alcool absorbé.

-         Ouaaaiiiis ! Un discours, un discours ! lui répondit la foule

-         Mes bien chers Sachets de Vinasse, Bolgueur, Gropetons…

-         Gropanards ! cria un jeune en manière de moquerie

-         Mes bien chers Hautebite, donc, sachez que c’est un plaisir de vous accueillir ici pour mon unoctan et un.. unancot… bref, j’ai aujourd’hui quatre-vingt-un ans !

-         Ouaiiis ! »  et ils entonnèrent le chant traditionnel :

« C’est ton anniversaire, c’est pas celui d’ta mère

Youkaïdi, Youkaïda, bois un coup et saute en bas ! »

 

«  Mes chers amis !! reprit Bilto quand le tumulte eut cessé, mes chers amis, néanmoins –et il prit l’air mystérieux – même si je n’aime pas tant la moitié d’entre vous autant que la moitié d’ente vous n’aime la moitié de..  et merde, je sais plus ! Bref, donc, malgré ça, je m’en vais ! »

Les Hautebite le regardèrent, abasourdis. Rien ne se passait.

« J’ai dit je m’en vais ! » fit Bilto en tapant du pied sur le plancher. Il y eut un craquement sinistre, et il disparut dans un nuage de fumée, passant à travers le plancher, et atterrissant sur Maniax qui avait du mal à enclencher son dispositif.

« Ouille ! fit celui-ci en se frottant le crâne, je sais pas si c’est votre gnôle ou votre poids, mon cher, mais j’ai un peu mal à la tête…je vais aller me coucher..

-         Pfff.. vous n’êtes vraiment qu’un magicien de pacotille, Gants-d’ALF ! grommela Bilto en se massant les reins. Vous m’avez fait raté ma sortie ! Ma famille va en rire pendant au moins 999 ans ! »

C’est effectivement ce qui arriva.

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